RÉMUNÉRATIONS AU CEA


100 M€ ANNONCÉS… MAIS TOUJOURS RIEN DE GARANTI !

Derrière les annonces, les chiffres et les éléments de langage, une réalité apparaît : plus les négociations avancent, plus le discours de la direction se fissure.


Depuis plusieurs mois, la direction communique sur une réforme des rémunérations et sur une enveloppe pouvant atteindre 100 millions d’euros.

100 millions : le chiffre est suffisamment important pour laisser penser aux salariés que les choses avancent.

Sauf qu’aujourd’hui, ces 100 M€ n’existent toujours pas.

La direction l’a elle-même confirmé lors de la dernière réunion : « il ne s’agit que d’une hypothèse de travail. » Aucun mandat financier définitif de l’État, aucune enveloppe validée et aucune autorisation de dépense de Bercy ne sont aujourd’hui acquises.

Alors pourquoi communiquer autant sur une enveloppe qui n’est toujours pas garantie ?

La direction devait négocier avec nous avant d’aller voir les tutelles…

C’était pourtant l’engagement pris : construire un scénario avec les organisations syndicales, le valider, puis aller le défendre auprès des tutelles.

Or nous découvrons que la direction est déjà allée les rencontrer. Face aux organisations syndicales, elle reconnaît une communication « maladroite » et affirme n’avoir présenté que des « orientations générales ».

Pour la CGT, jouer sur les mots ne répond pas à la question :

Qu’a réellement demandé la direction à Bercy ?
Avec quelles hypothèses ?
Et surtout, quelles possibilités a-t-elle déjà écartées avant même la négociation ?

Une négociation ne peut pas consister à nous demander de choisir uniquement parmi les solutions que la direction aura préalablement rendues acceptables pour les tutelles.

100 M€… dont une partie est déjà distribuée avant même l’accord !!

Sur l’hypothèse des 100 M€, la répartition présentée serait aujourd’hui : 50 M€ pour un rebasage, 6,5 M€ pour une prime destinée aux responsables hiérarchique, et 43,5 M€ encore à répartir.

Autrement dit, pendant qu’on explique aux salariés que « les négociations continuent », une partie de l’enveloppe hypothétique est déjà fléchée. Et ce n’est pas le seul sujet sur lequel les annonces méritent d’être regardées de près.

Prime DAM : même les « millions supplémentaires » ne sont pas forcément supplémentaires

On nous parle également de 15 M€ par an pour la prime liée aux activités sensibles de défense. Mais au fil des questions, une précision essentielle est apparue : ces 15 M€ ne correspondent pas, à ce stade, à 15 M€ nouveaux versés par l’État.

La DAM aurait elle-même dégagé cette somme dans sa trajectoire financière pour les premières années. La direction a confirmé qu’à ce stade Bercy n’apporte aucun financement supplémentaire pour cette prime.

Une « enveloppe supplémentaire pour les rémunérations » n’est pas forcément de l’argent supplémentaire pour les salariés.

Quant au calendrier, une réponse avait été annoncée aux salariés concernés pour fin septembre. La direction ne confirme désormais plus cette échéance.

Augmenter le point ? La direction commence déjà par expliquer pourquoi ce serait impossible.

Les organisations syndicales ont remis trois priorités au centre de la négociation : la revalorisation de la valeur du point, la correction des effets de la DUE et le rebasage des rémunérations.

Sur la valeur du point, la direction chiffre son passage à 7 €, à environ 250,8 M€ bruts par an, auxquels s’ajouterait l’effet sur les primes indexées. Mais avant même d’avoir obtenu le cadrage de l’État, elle nous explique déjà qu’une hausse du point sera « difficile à obtenir » compte tenu de la politique actuelle de l’État.

Pour la CGT, c’est précisément l’inverse qu’il faut faire. Le rôle de la direction du CEA n’est pas d’anticiper les refus de Bercy. Son rôle est de défendre les salariés du CEA et les moyens nécessaires à l’accomplissement de ses missions.

LE POINT EST GELÉ DEPUIS 2009. ÇA SUFFIT.

« Une réforme sans perdants » devient… « pas une majorité de perdants »

Voilà probablement l’un des passages les plus révélateurs de cette réunion. Depuis le début, la direction affirme vouloir construire une réforme sans perdants. Lors de cette réunion, le vocabulaire a changé : elle ne souhaiterait désormais pas qu’il y ait « une majorité de perdants ».

La nuance est énorme. Entre aucun perdant et pas une majorité de perdants, il peut y avoir plusieurs milliers de salariés.

Nous exigeons une réponse écrite et sans ambiguïté : la direction garantit-elle oui ou non qu’aucun salarié ne sera perdant ?

Et les chiffres présentés par la direction ? Ils doivent encore être vérifiés…

Depuis plusieurs réunions, la direction multiplie les tableaux pour démontrer les prétendus bénéfices de son projet sur les avancements.

Problème : les organisations syndicales ne retrouvent pas les mêmes résultats.

Des incohérences ont été relevées et la direction s’est finalement engagée à vérifier ses propres tableaux.

Voilà le niveau de « transparence » auquel nous sommes confrontés : des scénarios complexes, des chiffres communiqués oralement, aucun document transmis à l’avance et des calculs qui doivent ensuite être revérifiés.

Les organisations syndicales ont obtenu qu’un document écrit soit enfin transmis avant la prochaine réunion.

Transparence salariale : attention au tour de passe-passe budgétaire

Autre point de vigilance : la transparence salariale.

La direction annonce une négociation distincte. Très bien. Mais lorsqu’on lui demande si son financement sera lui aussi distinct, la réponse est beaucoup moins rassurante : aucun budget spécifique n’est garanti aujourd’hui.

La CGT refuse que l’enveloppe obtenue pour augmenter les rémunérations serve finalement à financer les obligations légales de l’employeur.

Les obligations de l’employeur doivent être financées par l’employeur.
Les augmentations de salaire doivent aller aux salariés.

Pendant ce temps, les salariés se mobilisent

Face à ce flou, les salariés ont commencé à prendre les choses en main. Les assemblées générales organisées sur les différents centres ont rassemblé 1 900 salariés et une nouvelle journée de mobilisation est annoncée le mardi 13 octobre sur la plupart des centres du CEA. Et l’histoire récente nous rappelle une chose : la mobilisation paie.

En 2022 et 2023, avec entre 10 et 20 % de grévistes, les mobilisations ont permis d’obtenir l’augmentation générale pérenne de 286 € pour les A2 et 271 € pour les A1.

Ce ne sont pas les beaux discours qui ont permis ces avancées.
C’EST LE RAPPORT DE FORCE.

NE NOUS LAISSONS PAS ENFERMER DANS LEUR CADRAGE

■ Aucune enveloppe de 100 M€ n’est garantie.

■ La valeur du point n’est toujours pas débloquée.

■ La correction de la DUE n’est pas actée.

■ La prime DAM reste dans le flou.

■ Le financement de la transparence salariale n’est pas séparé.

■ Les propres chiffres de la direction doivent être revérifiés.

■ La promesse d’une réforme « sans perdants » commence déjà à changer de formulation.

Alors oui, la négociation doit continuer. Mais elle ne suffira pas à elle seule.

La direction et Bercy doivent comprendre que les salariés du CEA ne se contenteront pas de redistribuer entre eux une enveloppe insuffisante ni d’une réforme qui organise autrement la pénurie.

Nous revendiquons une véritable augmentation collective des salaires, la reconnaissance des carrières et la correction des injustices accumulées.

LE 13 OCTOBRE, FAISONS-NOUS ENTENDRE.
PLUS NOUS SERONS NOMBREUX, PLUS NOUS PÈSERONS DANS LA NÉGOCIATION.
REVALORISER LES SALAIRES !  •  RECONNAÎTRE LES CARRIÈRES !
DÉGELER LA VALEUR DU POINT !

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