Convergence : le calendrier tient… mais à quel prix ?


La mise en service de Convergence approche. La direction maintient son objectif de déploiement début 2027, alors même que les tests ne sont pas terminés, que des anomalies bloquantes subsistent et que plusieurs questions importantes pour les salariés restent sans réponse. Pour la CGT, un calendrier ne peut pas passer avant la fiabilité des outils, les droits des salariés et leurs conditions de travail.

La direction maintient à ce stade son calendrier : mise en service des outils RH autour de la deuxième semaine de janvier 2027, puis achats-finance fin janvier ou début février. Pourtant, le feu vert définitif dépendra encore des critères métiers et techniques du fameux « Go/No-Go ». Plusieurs anomalies considérées comme bloquantes sont toujours ouvertes.

Des tests encore loin d’être totalement bouclés

Les niveaux d’avancement présentés montrent une situation très contrastée.

Côté achats, les tests sont avancés à 93 % au civil et 82 % à la DAM, mais des anomalies de priorité 1 demeurent notamment sur les fournisseurs et les catalogues. En finance, seulement environ 70 % des tests sont réalisés et certaines anomalies concernent directement les reportings, avec notamment des erreurs de calcul.

Pour les RH et la paie, environ 160 tests paie et 50 autres tests RH restent encore à jouer. La direction annonce une paie à blanc conforme à 99,8 %, mais le volet concernant les ex-IRSN est toujours en recette. Les reportings, eux, sont annoncés livrés à environ 80 %, sans être tous validés.

Autrement dit : le calendrier est maintenu, mais le produit n’est pas encore totalement éprouvé.

Et sur la paie, attention aux chiffres

Lors de la commission, il a notamment fallu préciser que les « 40 écarts » évoqués ne correspondaient pas à 40 salariés, mais à 40 typologies d’écarts.

Une seule de ces typologies concernerait déjà environ 200 dossiers. Le nombre total de salariés potentiellement concernés n’a pas été précisé. La direction indique avoir identifié les modes opératoires et les responsables chargés des corrections avant l’ouverture du système.

Pour la CGT, lorsqu’il s’agit de la paie, 99,8 % ne suffisent pas à rassurer si personne n’est capable de dire clairement combien de dossiers se trouvent derrière les écarts restants.

Formation : beaucoup de dispositifs… mais avec quel temps pour se former ?

Le plan de formation est annoncé finaliser à environ 95 %. Les formations RH démarrent le 5 octobre, celles concernant les achats-finance le 20 octobre, et doivent se poursuivre jusqu’à fin janvier, voire début février. Des parcours adaptés et des environnements « bac à sable » sont également prévus.

Des ambassadeurs, référents métiers et équipes projet doivent ensuite accompagner les salariés après la bascule. FAQ, replays, webinaires et permanences viendront compléter le dispositif. Une assistance du fournisseur est annoncée pour trois mois, de février à avril 2027. Sur le papier, les outils d’accompagnement existent.

Mais une question essentielle demeure : quand les salariés vont-ils réellement trouver le temps de se former et de prendre en main Convergence, alors que leur activité habituelle continue ?

Charge de travail : toujours pas de réponse concrète

C’est l’un des principaux points d’alerte remontés par les élus.

Les salariés vont devoir cumuler activité courante, formations, appropriation des nouveaux outils et, dans certains cas, maintien d’opérations manuelles.

La direction annonce un suivi de la charge avec les managers RH, achats et finance. Mais aucun chiffrage spécifique de la surcharge liée au déploiement et aucun dispositif précis permettant d’alléger l’activité habituelle n’ont été présentés.

Pour la CGT, on ne peut pas demander aux salariés de faire leur travail habituel, de se former à un nouvel outil et d’absorber les difficultés de démarrage comme si le temps et les effectifs étaient extensibles.

Congés, missions, temps de travail : des droits qui restent à sécuriser

Plusieurs sujets concrets n’ont toujours pas obtenu de réponse satisfaisante.

Pour les salariés à temps partiel, des interrogations persistent sur l’acquisition et la proratisation des congés, les passages temps plein/temps partiel, les départs en retraite ou encore certaines situations pouvant être pénalisantes. La direction reconnaît que les réponses apportées localement ont parfois été incomplètes ou contradictoires et annonce de futurs compléments.

Même difficulté concernant l’accord RTT du 20 février 2020 : la récupération des temps de transport lors des missions ne sera pas automatisée au démarrage. La question des feuilles d’attachement en cas de dépassement d’horaires reste également insuffisamment clarifiée. Ces évolutions sont identifiées, mais aucune priorité ni aucun calendrier n’est annoncé.

Là encore, pour la CGT, le fonctionnement de l’outil ne doit jamais conduire à rendre plus compliqué l’exercice d’un droit existant.

Ambassadeurs : accompagner Convergence ne doit pas signifier travailler gratuitement

La question des permanences envisagées entre 17 h et 18 h a également été soulevée. La direction a accepté de réexaminer le dispositif. Mais les conditions d’autorisation, de comptabilisation et de compensation du temps consacré à cette mission restent à formaliser, tout comme sa reconnaissance.

Les ambassadeurs jouent un rôle important dans le déploiement de Convergence. Ce rôle doit donc être reconnu comme du travail, réalisé sur le temps de travail et avec les moyens nécessaires.

Le « Go/No-Go » ne doit pas devenir une simple formalité

Les prochaines semaines seront déterminantes : fin des grandes recettes en octobre, nouvelle répétition de bascule, paie à blanc jusqu’à fin novembre, nouvelle commission dans la seconde quinzaine de novembre puis information avant le déploiement prévu en janvier 2027.

Pour la CGT, la décision de basculer devra reposer sur des éléments objectifs et transparents :

  • État réel des anomalies de priorité 1 ;
  • Fiabilité des reportings indispensables ;
  • Résultats des tests ;
  • Capacité des salariés à être formés ;
  • Charge de travail liée au changement ;
  • Réponses précises sur les droits individuels.

La date du calendrier ne peut pas, à elle seule, constituer un critère de réussite.

Faites-nous remonter vos difficultés

Congés à temps partiel, formation impossible à suivre dans de bonnes conditions, surcharge de travail, problème avec un nouvel outil, mission, paie…La CGT continuera à porter les situations concrètes des salariés lors de la prochaine commission de suivi. Le compte rendu prévoit de centraliser ces remontées afin d’obtenir, avant le Go/No-Go, un état actualisé des anomalies, des reportings indispensables et des critères retenus pour autoriser la mise en service.Convergence doit être un outil au service des salariés et du fonctionnement du CEA. Pas l’inverse.

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