Dossier “Salaires au CEA”


En 2019, la pétition signée par 6700 salariés CEA revendiquait :

  •  60 points pour tous (330 euros)

C’est ce qui manque sur nos salaires : Depuis plus de 30 ans, entre 1984 et 2020, la
valeur du point de salaire a perdu 26 % par rapport à l’inflation. 26 % de salaire en
moins c’est un jour de travail gratuit par semaine !
Cette différence, pour les salaires du bas de la grille, correspond à 60 points, soit
environ 330 €.

  • L’indexation du point de salaire sur l’inflation

L’inflation continue, et même s’accélère depuis quelques mois. Pour maintenir notre
pouvoir d’achat, le point de salaire doit progresser avec l’inflation.

  • Une meilleure carrière pour les salariés A2

L’évolution des salaires des Annexe 2 est plus lente que celle des Annexe 1. On demande une carrière égale pour tous.


En 2021 tous les syndicats sont entrés en négociations annuelles obligatoire avec un cahier revendicatif commun.

La direction n’a repris aucune revendication et à la place à mis en place des mesures salariales unilatérales pour les nouveaux embauchés. Ces mesures n’ont pas été signées par les syndicats. C’est un manque de reconnaissance des salariés en place, et c’est l’aveu de la direction que les salaires sont trop bas au CEA.


Les justifications de la direction… et ce que l’on peut y répondre

Lors de l’interruption du Comité National du 30 novembre la direction du CEA a avancé quelques arguments pour justifier sa politique salariale. Voici les arguments et nos réponses :

Ce que dit la directionCe que nous constatons
« La direction mène des négociations avec les syndicats »Dans les dernières négociations, les syndicats ont présenté des revendications unanimes ou majoritaires. Lors des réunions, la direction n’en tient pas compte et reste sur son projet en prétextant un manque de temps. Puis elle renvoie toutes les propositions des syndicats à de futures discussions. Pour rappel, les syndicats n’ont pas donné leur accord sur les mesures salariales mises en place par la direction cette année.
« Les demandes des salariés sont impossibles car la direction n’a pas l’argent. Heureusement avec la loi LPR le CEA a eu 4 M€  de plus. »Si l’évolution des salaires depuis 15 ans était la même que l’évolution du budget du CEA, la masse salariale de 2020 serait augmentée de près de 100 M€ ! (chiffres issus du bilan social)
« Les salaires au CEA ont suivi l’inflation grâce aux augmentations individuelles »Les augmentations individuelles sont là pour reconnaître les compétences acquises par les salariés en place. Il faut aussi des augmentations générales pour compenser l’inflation, sinon ça veut dire qu’on garde le même pouvoir d’achat toute sa carrière !
« Le problème, c’est que la grille de salaire CEA est archaïque »La grille de salaire fonctionnerait nettement mieux si la valeur du point de salaire suivait l’inflation. En décidant de ne pas suivre l’inflation et en particulier de geler la valeur du point depuis 12 ans, la direction a décidé d’appauvrir les salariés du CEA puisque les prix augmentent.
« Les autres EPIC sont moins bien lotis que le CEA »La direction prend toujours les comparaisons qui l’arrangent. On peut en faire d’autres : par exemple, le salaire moyen en France a évolué de 23 % en 12 ans alors que sur la même période la rémunération moyenne des techniciens du CEA a augmenté de 11 % pour celles et ceux qui ont eu des augmentations individuelles.
« On ne peut pas augmenter plus les salaires car le gouvernement contraint l’évolution de la « Rémunération Moyenne des Personnels en Place » (RMPP) »Il faut changer cette politique. C’est un dogme qui consiste à serrer la vis aux salariés présents dans l’organisme alors que, comme on l’a vu, le reste du budget croît plus vite que la masse salariale. En 15 ans la part de la masse salariale du CEA dans le budget a baissé de près d’un tiers en passant de 30 % à 21 %
« La direction ne peut pas augmenter les salaires à cause du cadrage des tutelles. Pourtant elle nous défend auprès de celles-ci.Si elle nous défendait vraiment, le point ne serait pas bloqué depuis 12 ans. L’État a les moyens de permettre l’augmentation des salaires au CEA. Au nom du « quoi qu’il en coûte » il a versé des milliards aux grandes entreprises privées qui n’étaient pas dans le besoin. C’est une question de rapport de force. N’attendons pas la direction pour le faire à notre place et faisons reconnaître la valeur de notre travail.

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