Risques Professionnels, soudure et Fiches Professionnelles Nominatives


Les représentants du personnel de la CGT ont récemment alerté la Direction du centre de Saclay, sur les risques professionnels des soudeurs d’aciers inoxydables. En effet, ces aciers contiennent 18% de chrome, qui lors de la fusion à 1400°C produisent du trioxyde de chrome (aussi appelé « chrome hexavalent » ou « chrome VI »), emporté dans les fumées directement respirées par les soudeurs. Pour rappel, ce chrome VI est le composé toxique responsable du scandale sanitaire de la ville de Hinkley aux USA, sujet du film « Erin Brockovich, seule contre tous ».

Bien que le Centre International de Recherche sur le Cancer ait classé cet oxyde dans la plus forte catégorie des « Cancérigène, Mutagène et toxique pour la Reproduction » en 1990, certaines unités du centre n’ont toujours pas mis en place de mesures de protection, ni même de suivi médical, ce qui fait pourtant partie des obligations de l’employeur. Ainsi jusqu’au début 2026, la soudure d’aciers inoxydables était encore considérée parfois au CEA comme « sans risques » et n’étaient même pas indiquées dans les Fiches Professionnelles Nominatives (appelée FPN, anciennement Fiches de Postes et de Nuisance). Pour des raisons de planning et de rendement, certains salariés du CEA continuent même de remettre en question le bien-fondé de cette alerte, considérant que leurs collègues soudeurs seraient sous-exposés. Pourtant, la voie respiratoire est la voie principale d’absorption (ici des fumées de soudures) et la Valeur Limite d’Exposition Professionnelle (VLEP) du chrome VI n’est que de 1 µg/m3 sur 8 heures. A titre de comparaison, la VLEP du plomb étant de 30 µg/m3 pour une masse volumique 4 fois supérieure, le chrome VI pourrait donc être considéré comme 7 fois plus toxique que le plomb.

De plus les représentants du personnel de la CGT ont aussi couramment observé nombre de situations pour lesquelles les FPN n’indiquent pas les risques auxquels sont exposés les salariés du centre de Paris-Saclay, risques parfois importants. Ils ont aussi trouvé des Plans de Prévention pour des travaux de désamiantage, ne précisant pas le risque amiante pour les salariés de l’entreprise concernée, contrairement aux obligations légales.

Devant ce manque de prévention concernant des risques importants, les représentants du personnel de la CGT recommandent aux salariés de vérifier personnellement que les risques professionnels auxquels ils sont exposés, sont bien indiqués sur leur FPN et de les faire corriger si nécessaire. Ces fiches peuvent être demandées à l’Ingénieur Sécurité de leur installation ou à leur médecin du travail. Pour rappel, ces risques peuvent être chimiques, poussières ou nanoparticules, biologiques, allergiques, mécaniques, sonores, électriques, champs électro-magnétiques, brûlures, anoxie, Risques Psycho-Sociaux (RPS), travail isolé, horaires atypiques, Troubles Musculo-squelettiques (TMS), chutes, utilisation d’un ordinateur (TMS, posture sédentaire, stress, fatigue visuelle…), conduite d’engins ou de véhicules, risques machines…

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